Le design de l’iPod, facteur-clé de son succès

Il y a quelques semaines nous vous parlions de Jonathan Ive et de sa réussite aux commandes du design industriel d’Apple.

Steve Jobs, à son retour, fait travailler le talenteux Britannique sur le projet iMac. Mais le designer réfléchit également au design d’un lecteur de musique qui puisse s’intégrer dans le projet de « hub numérique » tel que le définit le big boss d’Apple.

Ce sera l’iPod, produit phare de la marque avant l’arrivée de l’iPhone et de l’iPad. On fêtera d’ailleurs sa dix-septième année en octobre prochain.

Au fil des années, plusieurs modèles et déclinaisons arriveront sur le marché, non sans erreurs. Ce qui n’empêchera pas l’iPod de marquer d’une pierre blanche l’histoire du numérique, et surtout, de préparer l’arrivée de l’iPhone et de l’iPad.

En 2001, sur le marché, on pouvait déjà voir beaucoup de produits de type « Walkman », et autres baladeurs et lecteurs de formats mp3 et autres…

Mais comment le design a-t-il été un facteur-clé de succès dans le lancement de l’iPod, alors que la concurrence existait déjà et qu’Apple n’était pas un « first-mover » sur ce marché ?

« Open the pod bay doors Hal ! »… cela vous dit quelque chose ?
Le film « 2001 : A Space Odissey » (« 2001, l’Odyssée de l’Espace ») connaît un immense succès en 1968 et on lui doit cette phrase culte connue de bien des anglo-saxons. Normal pour une production reconnue comme l’une des dix plus influentes du septième art, notamment par son ambiance générale, son intrigue et sa symbolique.

Quand Vinnie Chieco, un rédacteur-concepteur appelé par Apple pour réfléchir à la marque et à la stratégie de communication, se voit remettre le prototype, il connecte rapidement avec cette référence de l’imaginaire américain. Ce lecteur de fichiers de musique numérique à l’interface simple, efficace et dépouillée permet d’emporter la musique de son ordinateur partout comme la capsule EVA emmène le cosmonaute Dave hors du vaisseau spatial Discovery One; son blanc lisse et brillant en rappelle l’intérieur, et coup de génie peut-être, l’intelligence dominatrice et funeste de HAL cède la place à l’intuition et à l’indépendance de l’utilisateur, en prise avec une interface pratiquement irréprochable et tellement évidente…

Tout designer sait qu’un objet, avant de répondre à un besoin, répond à un désir, d’ailleurs souvent créé de toute pièce. Et tout désir s’articule à travers un discours. Il faut donc que le produit, tant par ses caractéristiques que par sa communication, soit en quelque sorte le support de ce discours, que l’objet devienne un signe.
Le simple fait de nommer ce produit « Pod » avec le « i » devant, marque de fabrique des lignes de produits grand public Apple, fut comme écrire le premier mot de l’histoire qu’allait raconter ce produit depuis l’imaginaire collectif de ses futurs utilisateurs.

Et clin d’œil de la marque à elle-même, le premier iPod portait des références au Newton dans son interface ou encore aux premiers Mac avec sa police Chicago. Ironie de l’histoire, le Newton ne parvint jamais à s’imposer. Pour l’iPod, on connaît la suite.

D’ailleurs, il se fera récompenser plusieurs fois en remportant le Red Dot Design Award Product Design, ainsi que le Red Dot Best of the Best. Ive recevra quant à lui, la Médaille du Président de l’Académie Royale d’ingénierie.

« Good artists copy, great artists steal » : le design de l’iPod fera de nombreux émules, et pas que dans le secteur de l’électronique grand public. Mais ça, c’est la rançon du succès.

0  commentaire ITECOM ART DESIGN, vendredi 24 août 2018 | La vie à ITECOM

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